Lorsque le cinéma est né, à la fin du XIXèmesiècle aux Etats-Unis et en Europe, il occupait à lui seul une place centrale dans la promotion de la culture et du divertissement. Aujourd’hui, le cinéma est loin d’être le moteur principal dans la communication de masse. Nous sommes de grands utilisateurs du web et de ses réseaux sociaux mais avant l’ère du digital la radio et la télévisions offraient déjà d’autres approches pour diffuser l’information et divertir.

Toutefois, il existe certaines différences fondamentales entre les médias (sociaux ou non) et le cinéma qui demeure, encore et toujours, un vecteur d’excellence culturelle.

Le cinéma a, certes, un rôle premier qui est celui de divertir, de distraire. Toutefois, il est à même de distraire tout en nous forçant à nous concentrer – un exercice qui rarement nous est imposé. Prenons la télévision et les séries ou encore les vidéos plus ou moins longues qui circulent sur la toile : toutes subissent des interruptions. Que ce soit la publicité ou les suggestions qui vous poussent vers des contenus similaires à celui que vous avez choisi, votre attention est constamment sollicitée sur plusieurs fronts.

Le cinéma, lui, vous invite à ne vous concentrer que sur une chose, sur un film, sur un documentaire, sur une œuvre, afin que vous l’absorbiez, qu’elle fasse partie de vous une fois terminée. Le tout advient sans même que vous vous en rendiez compte.

Pourquoi pensez-vous que l’activisme passe souvent par la réalisation d’un film ou d’un docu-film ? C’est en vous concentrant, en vous enveloppant dans ce monde qui vous est présenté que vous comprenez mieux les thématiques sociales ou que vous en découvrez de nouvelles. Si l’on veut aller plus loin dans la découverte de thématiques sociales, c’est aussi le cinéma qui vous ouvre les yeux sur le passé, sur des faits historiques ou sur des guerres dont les conséquences peuvent se ressentir encore aujourd’hui.

Il y a évidemment un aspect politique et économique du cinéma à ne pas sous-estimer. Le cinéma est avant tout un art et il peut être éducatif en plus de vous offrir un moment de détente mais il est aussi producteur de richesse. Une ville, un pays où l’on peut aller au cinéma le samedi soir est un endroit où l’individu a une fonction sociale plus qu’une lutte à poursuivre pour la survie.

En allant au cinéma, vous financez des canaux d’information différents de ceux qui vous sont imposés par l’Etat. Vous financez votre propre autocritique en payant pour voir la représentation d’une réalité différente de la vôtre, voire même pour un jour la proposer en tant qu’un progrès nécessaire vers lequel votre société devrait avancer. Pensez aux formes de gouvernements ou au mesures climatiques, qui concernent le monde entier à différentes échelles. Pensez aux phénomènes qui empêchent le bon fonctionnement de votre société, comme la corruption, très souvent dénoncée dans les films engagés. Le cinéma offre une voix aux contestateurs qui est pacifique mais à la fois sévère, faite pour écarter les éléments négatifs qui nous entourent et mettre en avant une culture unique, riche en traditions parfois oubliées.