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Pièce de théâtre ou film au cinéma ? De nos jours, il est bien plus courant d’aller au cinéma avec ses amis ou sa famille plutôt que de s’orienter vers le théâtre, pour la simple raison que le cinéma présente souvent l’avantage de proposer une offre très vaste de films à regarder. Le théâtre n’a pas forcément cet avantage, à moins que l’on vive dans une très grande métropole où se trouve une salle très importante et renommée, et par conséquent chère, à moins d’avoir des réductions spécifiques ou des abonnements. En plus de cela, nous vivons dans une réalité filtrée par des écrans, donc souvent virtuelle, améliorée et rapide. Le théâtre, c’est tout le contraire : des comédiens en chair et en os et une mise en scène qui ne permet pas d’être une minute à Paris et la suivante à Marrakech.

Que se passe-t-il alors si l’on n’est déjà pas très enthousiaste à l’idée d’aller au cinéma ? Devrait-on rayer immédiatement le théâtre de notre liste de loisirs potentiels ?

Un peu d’histoire

Le théâtre est à l’origine du cinéma. Les populations du monde entier se servaient de cet art pour dénoncer des injustices, pour danser et chanter en l’honneur de leurs dieux et déesses, pour démocratiser la culture. Quand on pense au théâtre, presque à chaque fois l’on entend parler des Grecs et des Romains, de Zeus et d’Aphrodite, des masques et des costumes de la Renaissance. Durant la période précolombienne, à Haïti, les peuples mettaient en scène leurs chansons et leurs danses en l’honneur de Zémès, Dieu du panthéon indien de l’île. Même durant la période coloniale, les espaces verts dédiés à la représentation théâtrale ne manquaient guère.

Chez nous en Haïti

Toutefois, après des siècles de colonisation, la richesse culturelle s’est petit à petit transformée en désertification culturelle, le vaudou et autres croyances intimement liées à la nature sont passés au second plan, ont été relayés aux vestiges du passé. Pour pallier cette réalité désormais enracinée, des initiatives locales ont été lancées pour diffuser au mieux le théâtre de rue – pensez seulement au BIT (Brigade d’intervention théâtre) ou encore à l’école ACTE.

Le théâtre revient à charge grâce aux aficionados d’un art ancien, de l’art de leurs ancêtres, les comédiens et metteurs en scène étant conscients de leurs racines et de leur histoire. Ils sont conscients de leur identité et leurs particularités et deviennent ainsi la voix de leur culture. Il s’agit là d’une voix que le spectateur ne peut oublier une fois entendue car elle est réelle, franche et immédiate.

C’est bien cette voix et son message qui peuvent devenir des éléments utiles et parfois indispensables lorsque l’on se penche ensuite sur une œuvre cinématographique, où le message est parfois caché ou sous-entendu, où l’on se pose mille questions sur le sens de ce que l’on regarde. La manière dont est diffusé le message peut être différent, certes, mais les regards et les gestes qui nous seront familiers feront la différence. À ce moment-là, l’expérience déterminera si l’on est plus théâtre ou cinéma, voire même les deux – nous serons dès lors devenus des combattants de la désertification culturelle.

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